Léa GOULIN
Collège George SAND, 3e C
En cette année 2009, durant laquelle on vous célèbre, je me permets de rédiger une lettre en votre honneur, résumant votre œuvre et la perception du courage, vu par vous et vu par moi-même. Vous étiez un grand homme, oui. Un homme à plusieurs facettes, un père, un journaliste, un socialiste, un politicien, un professeur et un orateur distingué. Vous avez lutté pour que les choses changent et n'avez jamais abandonné ni même perdu espoir. « Un athlète de l'idée » disait Léon Trotski. Voilà ce que vous êtes. Vous avez aidé les plus démunis sans jamais regarder votre propre intérêt. Car votre intérêt, justement, c'était les autres. C'était et c'est toujours d'ailleurs, du fond de votre tombe, l'égalité. Si seulement vous étiez encore là pour défendre les idéaux et exposer la vérité ! Vous m'inspirez le respect, la fascination. Vos actes forcent l'admiration. Les mots étaient votre arme afin de combattre les cruelles injustices de la vie. Mais vous n'avez pas fait que parler, non. Vous avez aussi agi. Vous vous êtes impliqué dans d'importantes affaires. Je pense notamment à l'affaire Dreyfus dans laquelle vous avez joué un rôle fondamental et à la grève des mineurs de Carmaux où vous avez défendu les ouvriers et lutté contre les lois scélérates. Ces deux évènements ont marqué votre engagement dans le socialisme.
Par les temps qui courent, votre discours est plus que jamais d'actualité. Certes la République est instaurée. Mais appliquée ? Sûrement pas. Elle n'est là que pour sauver les apparences. Les hommes politiques sont de nos jours corrompus par le pouvoir et l'argent. Leur attitude me sidère et croyez-moi personne ne les prend plus au sérieux depuis longtemps. Ils ne s'intéressent pas ou du moins pas assez aux injustices qui ravagent ce monde, ce monde qui aurait grand besoin d'un homme comme vous. Vous saviez parler aux gens, y mettre les formes et convaincre. Je ne dis pas que vous étiez démagogue, loin de là. Vous étiez honnête et on sentait chez vous un réel désir de justice. Vous étiez animé par une vivacité et une lueur d'espoir. Cet espoir qui aujourd'hui, n'anime malheureusement plus personne. Vous seriez déçu de constater que personne n'a pris votre relève. Personne n'en a eu le courage en tout cas. Le courage, ce mot que vous saviez si bien définir, qui n'est désormais plus qu'un simple mot voguant dans le dictionnaire. Il a perdu de sa splendeur au moment même où vous vous écrouliez par terre, touché d'une balle. Le courage, ce mot que votre « Discours à la Jeunesse » illustrait si bien, personne ne comprend plus véritablement son sens. Personne ne s'en sert afin de lutter et de militer contre toutes ces fatalités. L'injustice, la pauvreté, la violence et les maladies sont aujourd'hui banalisées. La solidarité n'existe plus. La société est une machine infernale qui nous renferme un peu plus chaque jour dans l'égoïsme criant.
Pour moi le courage, c'est d'agir sans se soucier des conséquences. Le courage est un vaste mot, abstrait, je vais donc tenter de généraliser. Le courage, c'est de tenter, d'essayer même si les chances sont minimes. Le courage, c'est de fixer son objectif et de l'atteindre même si cela peut engendrer des désagréments. Le courage, c'est d'oublier les préjugés, les interdits ou le qu'en-dira-t-on et de suivre son cœur. Le courage, c'est d'accomplir une tâche même si cela vous demande de nombreux efforts. Le courage c'est de surmonter les épreuves de la vie. Dans le mot courage, il y a plusieurs degrés. Tout dépend de la gravité de la chose. Le courage de dire la vérité, le courage d'avouer ses erreurs, le courage de dépasser ses peurs, le courage de braver les lois si c'est pour une bonne cause. Le courage de dire à quelqu'un qu'on l'aime, le courage de se livrer à la police, le courage d'aider les autres à son propre détriment, le courage de reconnaître ses torts. Il y a tellement de formes sous lesquelles le courage se présente. Quand on fait preuve de courage, même si l'acte en lui-même n'est pas facile, plus tard en prenant du recul, on se dit qu'on a bien fait d'agir de la sorte. Le courage existe en chacun d'entre nous, chaque homme l'a démontré au moins une fois dans sa vie. Peu importe si c'était légendaire ou insignifiant, l'important c'est qu'on l'a fait et qu'on peut en être fier. Le courage dépend de la volonté de chaque personne. Le courage c'est de manifester ses idées sans avoir peur de l'opinion générale. Le courage est une force morale, il faut être solide pour en assumer les répercussions. Il faut de l'audace pour faire preuve de courage, il faut du cran. Faire un acte courageux, c'est à la fois prendre un risque et être pris d'un élan. Le courage c'est personnel et intime car avant d'agir, il faut réfléchir et prendre une décision. Le courage c'est une force de caractère qui touche les sentiments et l'intelligence. Quand on fait preuve de courage, on en apprend un peu plus sur soi-même.
« Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel ». Cette phrase, cher monsieur, c'est vous qui l'avez dite et je partage votre opinion ; oui cela veut dire qu'il faut viser au plus haut tout en ayant conscience du monde qui nous entoure. Il faut chercher la perfection sans oublier le contexte dans lequel on se trouve. Chercher à s'améliorer sans pour autant s'égarer. Tenter de toujours faire mieux mais garder les pieds sur terre. Quelque chose que l'homme a bien du mal à coordonner. Soit, il ne vise pas l'idéal, il se contente du simple, soit il vise trop haut et ne prend pas en compte la réalité. Et pourtant c'est une notion qu'on devrait continuellement appliquer. Envisager des solutions tout en s'assurant que cela est possible.
Votre conception du courage peut apporter à nous tous énormément de choses. Si tout le monde appliquait ce concept et arrivait intelligemment à le comprendre, alors ce serait un grand pas pour toute personne, et les hommes seraient davantage pacifiques entre eux. Votre discours fait réfléchir sur la vie. De votre texte, ou plutôt de votre chef d'œuvre devrais-je dire, ressortent les vraies valeurs morales.
L'homme ne le sait pas, mais il peut faire de grandes choses. L'homme « se condamne lui-même à ne pas comprendre l'humanité ». Une grande confiance devrait être accordée à l'homme afin qu'il montre le meilleur de lui-même. Car désormais, alors que nous avons vu toute la cruauté dont l'homme est capable, le pire devrait être banni. Il est temps d'entrer dans une ère nouvelle afin que l'homme fasse preuve de bonté, d'altruisme et de solidarité. Pour cela, il suffirait d'un peu de courage. Le courage, ce courage que vous avez su nous inculquer. Cette notion du courage que vous avez tenté de nous transmettre. Qui un jour je l'espère sera bénefiquement utilisé. Il faut continuer à croire en l'homme et alors, un jour, ce monde meilleur que vous avez tant attendu existera.