



Matinales : Serge Moati, Mitterrand, mon éternelle admiration
Réalisateur, producteur, écrivain, conteur, amoureux des mots donnant un relief piquant aux anecdotes qu'il distille avec gourmandise... Serge Moati est un peu de tous ces hommes à la fois. Mais c'est aussi l'homme des coulisses, l'intellectuel brillant et, bien entendu, celui qui a fréquenté Mitterrand jusqu'à sa mort, que la Cinémathèque de Toulouse et la Fondation La Dépêche ont accueilli au mois de mai.
Serge Moati a présenté son livre « 30 ans après » devant un public sous le charme à qui il confiait : « le débat de 1974 était pour Mitterrand un souvenir terrible. Il clignait des yeux, avait de mauvaises dents ; il faisait faux derche. Affronter Giscard sur un plateau de télévision, en 1981, il n'y tenait vraiment pas. On m'a chargé de le rassurer, de lui rendre la télé aimable. Le jour J, je me suis retrouvé seul dans la loge avec Mitterrand. Je ne savais pas quoi dire. J'ai parlé de mes parents morts jeunes et qui étaient militants socialistes. Il a lui aussi pensé à sa famille, à ses morts. Cinq minutes avant le débat, il pleurait…».
Alternant émotion et humour, Serge Moati a aussi évoqué la Reine d'Angleterre, dont il s'est cru longtemps le fils caché, parce qu'on le lui avait certifié petit. Le jour de leur rencontre, à Londres avec Mitterrand, le Président lui lâcha entre ses dents (Élisabeth II était juste à côté) : « votre maman ». Et le « citoyen engagé » Moati de conclure : « un homme comme ça, qui dit ça à ce moment-là, a droit à mon éternelle admiration ! »
